LE MUSEE DU BAGAGE, L' interview de son créateur

Il y a 10 ans, Jean-Philippe Rolland un passionné de bagages quitte son activité professionnelle trépidante dans l’informatique parce que sa santé ne le lui permet plus, change radicalement de vie et décide de poser ses valises.Désormais il focalise son attention sur cet essentiel qui l’inspire ; il se penche sur « la malle » un objet à forte connotation émotionnelle et lui dédie un musée“ Le musée du Bagage“ qui expose ses acquisitions mais également restaure celles qui lui sont envoyées du monde entier.

Ten years ago, Jean-Philippe Rolland, passionate about luggage, quit his fast-paced IT job when his health could no longer keep up: an opportunity to radically change his life and put down his proverbial suitcase.
These days he focuses his energy on his inspiration: the trunk. This essential item with its powerfully emotional connotation is the focus of his museum, Le musée du Bagage, where he exposes his acquisitions and restores pieces sent to him from around the globe.


Il abandonne une technologie éphémère pour devenir gardien d’un artisanat qui s’inscrit dans l’histoire.
Il pense « transmission » d’un bien dont nous ne sommes que temporairement propriétaire, un objet qui a des racines et qui sera l’héritage de nos enfants. Il s’entoure d’une équipe et travaille avec celle ci sur la rénovation des malles qu’on lui confie afin qu’elles demeurent intactes.
En discutant avec lui on se rend compte que c’est peut-être ça le bonheur, laisser une trace dans l’histoire, un véritable savoir faire que nos propres enfants porteront et transmettront également.

 

Vous qualifieriez vous d’homme du voyage ?
J’ai beaucoup voyagé mais maintenant c’est un voyage de l’intérieur qui m’intéresse, un voyage dans le passé.

Pourquoi cet engouement pour les malles ?
Parce que c’est un objet qui utilise énormément de composantes ; du bois, de la maroquinerie, de la serrurerie… un tas de matériaux nobles + une histoire, celle des technologies, du transport, de la mode…
Quand j’étais petit, je me suis passionné pour une malle qui contenait les carnets de vol, les médailles, un vieux révolver… de mon grand-père, commandant de bord de bombardier. Ce voyage m’avait enivré.

Comment les choisissez-vous ?
Quand elles sont pour le musée, elles doivent être particulières (esthétiques, historiques ou techniques). Ma première très belle acquisition a été une Moynat.
Quand elles sont destinées à être revendues, elle n’ont pas de caractère historique mais doivent être décoratives. D’ailleurs je peux être amené à les restaurer pour qu’elles soient dans un bel état.

Comment chinez-vous ?
Je ne les chine plus, maintenant on vient à moi pour me les proposer. J’en reçois une dizaine par semaine.

Quelle est votre pièce fétiche, votre grande fierté ?
La malle lit Louis Vuitton ; c’est la plus ancienne qui existe dans le monde.
Je l’ai acquise dans une vente aux enchères courante. Sa valeur est inestimable car elle est unique.
La malle Conan Doyle qui vient de Milan. Elle appartenait à un Italien qui achetait tout ce qu’il trouvait de beau. Ses achats étaient
stockés dans un hangar ; une véritable caverne d’Ali Baba.

Quelles sont les pièces que vous recherchez en particulier ?
Les pièces à système de fonctionnement particulier ou original. J’ai par exemple la malle de Nungesser ; le célèbre aviateur qui s’est crashé en mer.
De manière plus générale, je recherche surtout des malles de grandes marques de luxe.

Un compliment qui vous va bien ?
Je reviendrai

Quelles sont les plus belles composantes que vous avez pu voir sur cet objet ?
Une malle Vuitton100% cuir avec un revêtement en toile tissée que j’ai gardée. Elle date de 1895 et elle est comme neuve. Tout est d’origine et c’est la plus belle pièce que j’ai jamais vue (à l’intérieur était tissé le nom du magasin où elle a été faite avec le nom de l’artisan qui s’en est occupé)

Le bagage, un objet d’Art? dans quelle mesure ?
Oui sans aucun doute, un objet d’artisanat d’art parce que c’est fait à la main avec des matériaux nobles qui ont plus de 100 ans.

Un truc fou que vous aimeriez faire ?
Avoir un client qui me demande de fabriquer une malle de dingue avec beaucoup d’imagination ; ce qui manque souvent aux gens.
J’ai eu par exemple une demande d’un client pour des malles dressing gigantesques. C’était un homme passionné de voyages qui souhaitait aménager sa chambre de 150m2… Son intérieur était non seulement somptueux mais bourré de fantaisie.

Votre plus grande extravagance ?
Notre futur musée avec présentation dans des décors d’époque (tenues, voitures,wagons,motos…) Bref ! une véritable mise en scène pour voyager dans le temps.

Un héros stylé, vous seriez qui ?
Léonard de Vinci car il a tout inventé.

Quelques indispensables dans vos bagages ?
C’est un bagage, Le 48h, une petite malle qui va à l’arrière d’un cabriolet et qui peut contenir des vêtements pour 2 jours.

Si vous deviez être une œuvre d’art ?
Une sculpture en bronze

Si vous deviez vivre à une autre époque, quelle serait elle ? Pourquoi ?
En 1850/70 post Napoléon car tout était possible économiquement.

Que sera votre musée dans 10 ans ?
Je dirais plutôt dans 30 ans ; j’espère pouvoir le confier à une municipalité pour qu’elle puisse faire perdurer l’histoire.


He has abandoned an ephemeral technology to become a guardian of a historical craft, evoking the “passing down” of objects of which we are only temporary owners; objects with history which our children will inherit. With his team, he restores trunks that have been entrusted to him so that they can be kept intact.
Speaking with him, we realised that perhaps this is what happiness is: leaving a mark in history, a genuine craft that our own children will carry and pass down the line.

 

Do you see yourself as a man of travel?
I have travelled a lot, but it is the inner journey – a journey into the past – that fascinates me.

Why are you so passionate about trunks?
It is an enormously intricate object, composed of wood, leather, locks, a stack of noble materials and has a history of technology, transportation, fashion and more.
When I was young, I fell in love with a trunk containing flight logs, medals, an old revolver, etc. It belonged to my grandfather who was a bomber pilot. His journey intoxicated me.

 

How do you choose them?
The trunks for display at the museum need to have something special about them (aesthetically, historically or technically). My first exquisite acquisition was a Moynat.
The trunks destined to be sold don’t have any historical character, but need to be decorative. I sometimes restore them to get them back into good condition.

How do you source them?
I no longer source them; people now come to me with trunks. I get a dozen a week.

What is your favourite piece and greatest source of pride?
The Louis Vuitton malle lit bed trunk: it’s the oldest one in the world. I got it at auction. There is no price on its value; it is unique.
The Conan Doyle trunk from Milan. It belonged to an Italian who bought anything he found beautiful. His stored his treasures in a hangar – a real Ali Baba’s cave.

What pieces do you look for in particular?
Pieces with an unusual or original system. For example, a trunk I have that belonged to Nungesser – a famous aviator who crashed in the sea.
More generally, I look mostly for trunks made by major luxury brands.

What’s a good compliment for you?
“I’ll be back”.

What are some of the most beautiful components you have seen used on a trunk?
A 100% leather and canvas trunk that I’ve held on to. It dates back to 1895 and is in perfect nick. It is in its original state and is one of the most beautiful pieces I’ve ever seen. (Woven on the inside is the name of the shop where it was made and its artisan who ran the shop.)

Is luggage a work of art? And to what degree?
Absolutely – it is artisan artwork, made by hand using noble materials that date back over 100 years.

Name something crazy you’d love to do.
Have a customer ask me to build an outrageous trunk with loads of imagination, which is often what people lack.
For example, I once had a request for absolutely huge wardrobe trunks from a man who loved travelling and who wanted to fit in his 150m2 room! The trunk interiors were not only magnificent, but utterly extravagant.

What is your biggest extravagance?
Our future museum’s displays with period décor (outfits, cars, wagons, automobiles, etc.) It promises to set the stage for time travel.

Which stylish superhero would you be?
Leonardo de Vinci, because he invented everything.

What do you always have in your suitcase?
A piece of luggage called the “48 hours”: a small trunk that fits in the back of a cabriolet and carries enough clothing for two days.

If you were a work of art, which one would it be?
A bronze sculpture.

If you could live in another era, which one would it be and why?
In 1850/70 post-Napoleon because everything was possible, economically speaking.

Where do you see your museum in 10 years?
I’d say in 30 years, rather. I hope to be able to entrust it to a municipality in order to keep the history alive.

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