L'interview de Lord SM

Une fille à fleur de peau qui travaille, entre autres, le cuir et la fourrure vintage, ça nous parle.Solenne Menger est notre super gros coup de coeur du dernier salon TRANOI à Paris. Elle se colle à la matière pour lui donner la vie qu’elle lui imagine, la fait renaitre d’un placard, d’un grenier… pour qu’à nouveau elle s’exprime sous un nouveau jour. Lord SM et son logo underground, c’est toute la fragilité émotive d’une créatrice aux yeux bleus acier.

Solenne quel genre de femme te sens tu ?
J’apparais comme le genre de femme qui n’a pas besoin d’homme et ça fait bien ch.. parce que moi je me vois juste comme une femme super déterminée. D’ailleurs, il le faut pour mener à bien ma marque et mon concept Lord SM.

Quelle est ta marque de fabrique ?
Mon créneau c’est la récupération avec une grand mère modiste qui avait tout un matos à couture, des boites à chapeaux, des boutons, des fourrures… Ce qui m’a fortement inspiré !
Au départ j’aimais bricoler ce que je trouvais dans les placards, les greniers et puis tout le monde a commencé à me donner de vieux trucs assez jolis comme des intérieurs de sacs, des broderies, des doublures du genre vieille tapisserie du Raspoutine. J’ai aussi vendu des sacs à des profs lorsque j’étais étudiante.
Maintenant les clientes viennent avec leurs pièces trop conventionnelles. Je les désosse et remodèle le tout avec des doublures, des biais et autres finitions. J’aime que l’on ressente un vrai truc avec mes créations.

SM? Pour super machiavélique ou super marrante ?
Plutôt sadomaso car dans la vie il en faut un peu quand on se lance dans sa passion. Ce que je fais c’est aussi un peu de l’esclavage.
En plus je suis attirée par les sadiques ; je suis une pauvre victime (dit elle en esquissant un sourire).

Les matériaux que tu aimes travailler?
Les matières nobles et celles naturelles. Les fourrures, les cuirs, la soie, les matières tissées, les broderies, les galons et vêtements anciens.
J’adorerais monter un atelier qui défendrait l’idée de la personnalisation des produits à la sauce Lors SM, c’est à dire avec des fripes.
Les femmes viendraient avec leurs pièces et se les feraient personnaliser.
Ce serait un lieu de vie où l’on échange, économique et écologique.

Tes plus belles rencontres ?
Une créatrice de bijoux Gabriela Poujavic de Galzain et sa marque « Frenetik». J’aime sa marque et c’est la première à m’avoir acheté une queue de Pie et à l’avoir exposé dans sa boutique.
Simone Gaubatz de la Galerie Simone rue Charlot ; elle a toujours de bons conseils, elle est pointue, sait de quoi elle parle. Une véritable hippy branchée.

Ce qui manque à la mode ?
Le green power car il n’y a pas assez de gens qui pensent écologie. C’est une véritable motivation chez moi. Les gens consomment trop et n’ont plus de plaisir. On vous fait acheter un produit qui a peine consommé est déjà obsolète. Ca me déplait !
Et puis je me laisse guider par mon corps, mes émotions, c’est un peu ce qui manque à la mode en général et on finit par retrouver les gens habillés tous pareils. Quel ennui !

Ta/tes pièces fétiches ? Pourquoi ?
Ma veste thriller, ma veste manouche, 2 sacs (les premiers que j’ai créé et dont je ne me suis jamais séparée), mon short en strass (ceux de Swarovski étaient trop chers et j’en avais trouvé d’autres super beaux et abordables chez un Indien), une veste militaire, mon prototype de l’écharpe fourrure mixée à des tissus et fermetures éclairs.

Ta plus grande fierté ?
Ma rencontre avec Marilyn Manson et puis ma marque SM ; je suis là aujourd’hui sans avoir eu besoin d’investisseurs et sans avoir lâché. J’en tire beaucoup de fierté.

Dans une autre vie, tu serais qui ou quoi ?
Jim Morrison pour voir comment ça fait de bruler ses ailes et de vivre à 1000% ; être dans l’excès pour tout.

Si tu devais être une œuvre d’art ?
La Vierge Saint Anne de Vinci

Un lieu qui te ressemble ?
Chez moi ; j’y vis et j’y travaille.

Un projet qui te tient à cœur ?
Habiller Marilyn Manson

Tes amis on les reconnaît à quoi ?
Ils sont tellement variés que je dirais « à leur écharpe de temps en temps » ; celles que je crée pour eux.

Ce que tu voudrais que l’on retienne de toi ?
Lord SM

Quels sont tes essentiels du quotidien ?
De l’inspiration, un peu de création et du rock and roll.

Ce qui t’inspire dans tes créations ?
La musique, la vie, les sentiments, tout ce qui éveille  les sens ; surtout les chagrins d’amour. Ils me rendent plutôt efficace, j’exulte en travaillant.

A quoi tient la réussite de ta vie ?
Dans l’ordre : la santé, le travail, l’amour…

Que ferais-tu par amour ?
Certainement plein de choses sauf abandonner mon travail.
Avec mon travail, je sais au moins que je serai un minimum heureuse.

Un cadeau que tu aimerais recevoir ?
De la sincérité d’un homme.

Es tu une femme à accessoires ? lesquels ?
Les broches de Gabriela, mon bracelet Tecnolimit, ma bague plume Simone Beijos, ma bague tête de mort Cyam Creation, mes chèches, mes sacs ; mes bijoux de Jonas Bowman.

Un héros stylé tu serais qui ?
Albator ! D’ailleurs je me penche sur le sujet les derniers temps ; il m’inspire beaucoup.

Tes bonnes adresses ?

La Galerie Simone
Les quais et les boites de Bellegrade
Venice Beach
Monument Valley
La Pagliery Art School (Ateliers de Franck Paglieri du 18ème)
40 rue Feutrier à Montmartre.

Dans 10 ans tu seras où ?
J’en sais rien et c’est ça qui est excitant. C’est la surprise du Che !

Les mugs Dunoon

Yellow Touch en Etro